Ecotaxe : nouveauté dans le secteur aérien

Ecotaxe : nouveauté dans le secteur aérien

L’écotaxe Top ou Flop ? 

 

Nouvelle taxe

Le secteur aérien est responsable entre 2 à 5% des émissions CO₂ au niveau mondial. La question de la taxation écologiste, sur les billets d’avions, est au cœur des débats. 

 

Suite au second conseil de défense écologique, du 09 juillet 2019, dirigé par le président de la république, Emmanuel Macron, la décision de taxer les billets à été prise. Hélas, elle est loin de faire l’unanimité. 

La taxe mise en place ne se fera pas sur le kérosène. Les passagers au départ de la France vont payer une écotaxe qui s’ajoutera au prix du billet initial. Cette taxe sera mise en place en 2020. Elle fluctue entre 1,50€ pour les vols domestiques en classe éco à 18€ pour des vols hors UE en classe affaires, dans le but de participer à hauteur de 180 millions d’euros au financement des transports quotidiens. 

Cependant, certaines lignes seront exemptées : 

  • lignes de continuité territoriales,
  • lignes qui relient la Corse et les territoires d’Outre-Mer,
  • et les vols en correspondance.

 

Une décision non comprise par les acteurs du secteur touristique

Selon plusieurs aéroports français, cette taxe impactera négativement tout le transport aérien français ainsi que l’attractivité de nos régions.

Dans un communiqué, Thomas Juin, président de l’Union des Aéroports Français déclare : “Cette nouvelle taxe est un non-sens économique et environnemental. La mesure a pour seul but de remplir les caisses de l’AFITF (Agence de financement des infrastructures de transport de France) et n’aidera en rien à la transition écologique du secteur. L’amélioration des performances environnementales du transport aérien doit être recherchée avant tout dans le transport aérien lui-même et non dans une fiscalité punitive”.

La FNAM, représentant 95 % du transport aérien français, parle d’un “mauvais coup de plus porté aux compagnies aériennes françaises”. Selon elle, “le Gouvernement fait le choix d’une écologie punitive qui tend à réserver le transport aérien aux plus riches. Il lui faudra en assumer les conséquences en termes économiques, et d’emplois”.

 

Pour Paul Chiambaretto, Professeur à Montpellier Business School, Chercheur associé à l’Ecole Polytechnique et spécialiste du transport aérien, cette écotaxe pourrait vite se révéler désavantageuse : “Si l’on avait dit aux compagnies que cette écotaxe financerait de la Recherche & Développement pour le transport aérien, avec une sorte d’État paternaliste qui les force à épargner pour investir dans la recherche, la pilule pouvait mieux passer. En les taxant comme c’est prévu, on réduit leur capacité à faire de la Recherche & Développement et à investir dans une nouvelle flotte. On rend donc ainsi, potentiellement, le transport aérien encore plus polluant”, explique-t-il.

 

Du côté d’Air France 

La compagnie française “déplore fortement l’annonce d’un projet d’éco-contribution“. D’après Air France, “cette nouvelle taxe pénaliserait fortement sa compétitivité” alors qu’elle a besoin “de renforcer ses capacités d’investissement pour accélérer la réduction son empreinte environnementale, notamment dans le cadre du renouvellement de sa flotte”. Les taxes représentent 50% du prix du billet en France! De quoi mettre en colère la compagnie aérienne nationale (30% en Suède et au Pays-Bas).

Air France précise que “la décision du gouvernement est d’autant plus incompréhensible que cette nouvelle taxe sur le transport aérien devrait financer des modes de transport concurrents dont le transport routier et non la transition énergétique dans le domaine aérien ». L’éco-contribution a pour objectif de financer la future loi sur les mobilités (LOM). Mais est-ce que taxer le transport aérien pour financer des modes de transport concurrentiels, contribuera à la diminution production de CO2 ? Non …

 

Troisième taxe frappant le secteur aérien

L’écotaxe représentera la troisième taxe gouvernementale frappant le transport aérien, avec la Taxe de Solidarité Passagers ou “Taxe Chirac”, créée en 2006, et dont les sommes sont supposées revenir aux pays en voie de développement, ainsi que la Taxe d’Aviation Civile.

 

Vers la neutralité carbone

“Face à l’urgence climatique, l’objectif que nous devons atteindre, c’est de parvenir à terme à un avion zéro carbone” ajoute Elisabeth Borne.

Lors du congrès annuel de l’Airports Council International Europe (ACI Europe), le 26 juin 2019, les aéroports européens se sont engagés à ramener d’ici à 2050 leurs émissions de carbone au niveau zéro (« net zero carbon emissions »).

 

Suppression des vols internes en France ?

Supprimer certains vols nationaux, pour diminuer l’émission CO2, c’est la volonté de plusieurs députés. L’idée est de remplacer les vols internes par le transport ferroviaire dans le cas où le temps de trajet ne devient pas trop important. Ce dimanche 02 juin, la députée Delphine Batot a expliqué dans une interview donnée au Journal du Dimanche “Chaque jour, huit appareils décollent de Paris pour rejoindre Nantes, en une heure. Pourtant, les TGV ne mettent que deux heures à relier la capitale à la cité de l’ouest. Pas beaucoup plus long mais bien plus écologique, explique la député écologique. Un vol Paris-Nantes, c’est 63,3 kilos de CO2 par passager… soit 66,6 fois plus que ce même trajet en train (selon les estimations de la SNCF). A eux seuls, les vols intérieurs représentent 1,3% des émissions nationales de dioxyde de carbone, calcule le Réseau Action Climat.”

Delphine Batot prouve qu’il faut développer le réseau ferroviaire, diminuer les prix des billets ainsi qu’accroître la fréquence des trains de nuit.

 

La députée écologiste a d’autres projets en vue pour le secteur aérien : 

  • rétablir la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TIPCE) sur les vols internes,
  • introduire une TVA à 20% pour les vols internes,
  • et interdire la publicité en faveur du secteur aérien.

Toutes ces idées ont été noyée et oubliées. Pour le moment, elles ne donneront suite à rien. La transition écologique ne passera pas encore par le train.

 

Les avions de demain

Plusieurs acteurs se sont lancés dans la recherche et le conception d’appareil aéronautiques plus écologiques que leurs prédécesseurs. 

“Flying V” 

KLM et l’Université de Delft se sont associés pour créer un appareil révolutionnant le secteur aérien : le “Flying V”. En forme de V, l’avion aura un poids réduit. Ceci diminuera de 20% le carburant consommé par rapport à un Airbus A350. Pourtant, il pourrait transporter le même nombre de passagers que le A350 (314 passagers).

En Octobre prochain, à l’occasion du centième anniversaire de KLM, une partie grandeur nature de l’intérieur de l’appareil sera présenté à l’aéroport d’Amsterdam-Schipol.

“Wing of Tomorrow”

En juin 2019, Korean Air a signé avec Airbus un accord de coopération, afin d’intégrer le programme “Wing of Tomorrow”. Ce programme vise à créer de nouveaux systèmes pour permettre d’améliorer l’éco-efficience globale et l’aérodynamisme des appareils.

Avion électrique

À l’occasion de l’inauguration du 53ème Salon du Bourget, la start-up israélienne Eviation a présenté son premier appareil à propulsion 100 % électrique, baptisé Alice. L’avion a une autonomie de 1 000 km et une capacité de 9 passagers et 2 membres d’équipage. Cape Air, société américaine, pourrait être une des premières compagnies à se doter de tel type d’appareils. 

 

Plusieurs solutions et projets sont mis en place pour diminuer l’empreinte carbone causé par le secteur du transport. Est-ce l’écotaxe qui favorisa la transition écologique ? ou est-ce l’avion électrique ?

Rendez-vous dans quelques années pour plus d’informations.

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